Notre projet, c’est de faire en sorte que Bruxelles fasse à nouveau rêver

Invité politique sur La Première, j’ai réagi à l’annonce des listes bruxelloises divulguées la veille lors du congrès du MR Bruxelles.Sophie Wilmès, Hadja Lahbib et Michel De Maegd et moi sommes honorés de la confiance qui nous est témoignée pour mener les listes fédérales et régionales vers la victoire le 09 juin 2024.

La tâche ne sera pas simple car, sans le MR au pouvoir, c’est la gauche qui creusera encore davantage le fossé dans lequel se situe Bruxelles. Nous voulons mettre en place les réformes nécessaires dès les 100 premiers jours. Mais pour atteindre ce but, nous avons besoin de vous. Consacrez nous un peu de temps et devenez un ambassadeur libéral en complétant ce formulaire : https://lnkd.in/ebufyW2K

Je crois qu’il faut comprendre qu’à Bruxelles, ça fait 20 ans qu’en tout cas le MR n’a rien à voir avec ce qui s’est passé. L’état de la situation à la gare du Midi, je suis désolé mais c’est eux, ce n’est pas nous. La précarité dans toute une série de quartiers, le taux de chômage qu’on a vu grimper c’est eux, ce n’est pas nous […]. Donc oui, nous au MR, on a un projet qui réforme Actiris, Bruxelles-Propreté et nous pensons qu’il reste toute une série d’autres situations qui ne sont pas assez efficaces. Si nous sommes élus, notre projet serait mis en place dès les cent premiers jours car il n’y a pas de temps à perdre« .

« À Bruxelles, 1 enfant sur 4 n’a plus rien dans son frigo, une famille sur 2 n’a pas de médecin généraliste alors qu’on est la capitale de l’EuropeQuand vous avez un projet libéral et émancipateur, vous voulez créer la classe moyenne, recréer de l’emploi, attirer les entreprises […] Faire en sorte que Bruxelles à nouveau fasse rêver, ça, c’est notre projet […]. Il faut réduire des inégalitésNous allons mener une campagne comme on le fait depuis des années, de terrain : rue par rue, porte à porte, quartier par quartier pour avoir le mandat le plus fort possible et être inévitable autour de la table afin de pouvoir lancer nos réformes« .

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur La Première.

Des réformes dès les 100 premiers jours

Pour La Capitale, j’ai donné une interview des mesures que nous allions prendre si nous montons au pouvoir durant la prochaine législature.

Nous monterons dans le Gouvernement si nous  avons un mandat fort de  l’électeur. Dans les 100 jours, je veux que les réformes en termes de marché de travail, de mobilité, de   délivrance de permis, de propreté et les grands chantiers soient lancées et déposées au Parlement. Les caisses de la Région bruxelloises sont non seulement trouées, mais, derrière cela, elle a contracté une multitude d’emprunts qui ont fait exploser la dette. Celle-ci a triplé en dix ans. Le gros enjeu, c’est de recréer de la capacité fiscale à Bruxelles et refaire fonctionner l’entreprise «Bruxelles». Nous avons plusieurs propositions.

D’abord, faire une réforme du marché du travail extrêmement rapide et efficace. Il faut s’assurer qu’il y  ait un « match » entre le  nombre de demandeurs  d’emploi et les métiers en pénurie. Deuxièmement, il faut s’assurer que les entreprises reviennent à Bruxelles. Actuellement, elles sont 3.000 à la quitter chaque année ! Elles crient régulièrement les solutions pour inverser cette tendance.Troisièmement, assurer  un sentiment de sécurité  qui soit total. On a main tenant des fusillades à la Toison d’Or, à la Gare du Midi et à la Gare du Nord. Pour moi, c’est la condition sine qua non : plus de policiers ; des policiers sur le terrain ainsi que des caméras ; des sanctions qui soientappliquées. Et enfin : refaire du beau à Bruxelles. C’est la propreté bien sûr et cela  nécessitera une réforme totale de Bruxelles Propreté. Il faut « magnifier » des endroits à Bruxelles. On n’y arrivera pas avec l’argent public car les caisses sont vides. Il faut tendre la main au secteur privé.

Retrouvez l’interview complète dans La Capitale.

Stop à la logique de l’arrosoir à subsides

Pour La Libre Belgique, je dénonce la logique d’arrosoir à subsides qui serait à l’œuvre chez Innoviris, dans certaines aides accordées.

Le parlement bruxellois entame cette semaine des discussions budgétaires qui s’annoncent tendues. Les comptes d’Innoviris, un OIP (organisme d’intérêt public) qui soutient la recherche et l’innovation en Région bruxelloise, a retenu notre attention.

Innoviris est loin d’être l’OIP bruxelloise la plus critiquable. Mais en creusant, nous constatons que, même là-bas, s’applique la logique de l’arrosoir à subsides. C’est la technique classique à Bruxelles. Après cela, certains s’étonnent encore qu’il n’y ait plus d’argent public pour financer le métro Nord….

L’objet initial d’Innoviris est génial. Mais débloquer l’équivalent d’un appart deux chambres pour financer une pièce de théâtre, cela ne va pas. La recherche et l’innovation, ce n’est pas la culture. Est-on est les seuls à penser qu’un OIP de recherche et d’innovation n’a pas pour objet d’investir dans un champ agricole, une friterie ou une pièce de théâtre ? Je n’en comprends pas l’intérêt, si ce n’est un intérêt politique.

La majorité des subsides listés par la Cour des comptes est, en toute logique, allouée à des sociétés privées clairement actives dans des projets innovants, à des universités ainsi qu’à quelques communes. Le MR a toutefois identifié une trentaine de subsides (pour un total de 1,8 million d’euros) dédiés à différents organismes dont la finalité innovante paraît, à leurs yeux du moins, peu évidente.

Les libéraux citent notamment les 275 640 euros octroyé aux « plaisirs chiffonnés”, une compagnie de théâtre qui “questionne la place de l’artiste au sein du secteur des arts vivants”, les 11 000 euros octroyés à By Dewez, une friterie du parvis de Saint-Gilles qui “réinvente le Fritkot”, les 61 984 euros pour la coopérative du chant des Cailles, à Watermael-Boitsfort, “qui promeut une agriculture respectueuse de la terre et des humains, viable, émancipatrice et créatrice de liens sociaux”, les 65 500 euros à “Les Meutes”, une ASBL ixelloise “travaillant à la réalisation d’œuvres visuelles plurielles”, les 49 690 euros à Cultureghem ASBL, un laboratoire d’initiatives d’entraide vers un avenir plus durable en ville, etc.

PFAS : le MR souhaite qu’Alain Maron s’explique au parlement

Le MR souhaite entendre le ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron (Ecolo), en commission de l’Environnement du Parlement régional, mercredi prochain lors d’un débat d’actualité, à propos du dossier de la pollution aux PFAS.

Même si le ministre se veut rassurant, il doit venir rendre des comptes devant la représentation régionale au plus vite. L’urgence l’impose pour ne pas créer la panique. Nous n’accepterons aucune mise en danger de nos concitoyens.

Logement : « Nous devons faciliter l’accès aux crédits »

Pour le président du MR bruxellois David Leisterh, le logement social n’est pas la seule perspective en terme de logement.

il faut arrêter, comme le fait le PS, d’imprimer dans la tête des Bruxellois que le logement social est la seule perspective qui s’offre à eux en termes de logement . Il existe un manque de contrôle évident. De même, les critères d’adhésion à un logement social ne sont pas assez stricts. Ils ouvrent la porte à des personnes qui n’en ont peut-être pas besoin. Dans le discours de la gauche, on entend que ça : logement social, aider les plus précaires, etc. Oui, il faut aider les plus en difficulté, oui on a besoin de logements sociaux mais de façon temporaire. Cela ne doit pas être une perspective à vie. Nous voulons sortir de cette philosophie socialiste qui consiste à assigner de nombreux Bruxellois à résidence et à assistance, dans un logement social .”

3 mesures

Face à la hausse permanente du prix au mètre carré à Bruxelles, à la hausse du prix des loyers, le MR propose trois mesures. La première consiste à booster les prêts en second rang via le Fonds du Logement. “ Le Fonds apporterait, à taux zéro ou très préférentiel, les 20 % du montant du prêt aujourd’hui exigés par les banques et les droits d’enregistrements. Ce premier boost permettrait à la jeunesse bruxelloise d’accéder plus facilement à la propriété.”

Deuxième axe : accélérer le processus de délivrance des permis. “À Bruxelles, ça prend trois fois plus de temps qu’en Flandre ou en Wallonie.

Enfin, le MR entend jouer sur la fiscalité. Et propose de diminuer les droits d’enregistrement. “ On ne pourra jamais concurrencer la Flandre (3 % contre 12 % à Bruxelles, NDLR) mais 6 % à Bruxelles serait l’idéal, via pourquoi pas une diminution progressive.”

Le MR n’est par ailleurs pas opposé à un encadrement ou blocage des loyers. “ Mais avec contrepartie. Nous proposons un système de conventionnement. Le propriétaire plafonne son loyer. En échange, il bénéficie de mesures fiscales privilégiées, d’une accélération des démarches administratives s’il veut rénover son bien. C’est du gagnant-gagnant.

Retrouvez l’article de la DH

Sécurité : La Gare du Midi, c’est la pointe de l’iceberg

Sur La Première avec Thomas Gadisseux, j’ai pu souligner les problèmes d’insécurité à Bruxelles.

La Gare du Midi, c’est la pointe de l’iceberg. Vous avez d’autres quartiers et d’autres gares à Bruxelles où la spirale négative de l’insécurité est de plus en plus forte. Et moi, je viens ici pour tirer la sonnette d’alarme en la matière. Pourtant, si vous regardez pas très loin, vous avez des tas de villes qui ont su, en appliquant une méthode claire et en ayant une autorité forte, inverser la tendance et faire baisser drastiquement en quelques années le taux de pourcentage de délinquance. Mais pour ça, vous avez besoin d’une méthode forte et d’une autorité forte à Bruxelles. Ces deux ingrédients manquent drastiquement à Bruxelles.

Une question d’autorité

Ça n’est pas toujours une question d’effectif. C’est aussi souvent une question d’autorité. Si vous n’avez pas une application effective des peines et des sanctions, ça ne sert à rien. Je vous donne un exemple. Samedi, lors de l’opération coup de poing, c’est 56 personnes qui ont été arrêtées, c’est 47 illégaux. Je vous fiche mon billet que 24h plus tard, ils étaient relâchés. Vous n’avez donc pas une application effective, dissuasive des peines. Alors, est ce qu’il faut pour autant effacer le débat sur le renforcement des moyens ? Bien sûr que oui. Il faut renforcer les moyens de la police au niveau fédéral, au niveau local aussi. On dépense en Belgique plus de 100 milliards en politique sociale et moins de 10 milliards dans les départements d’autorité. Le problème il est là aussi. Mais si vous croyez qu’en Belgique, et singulièrement à Bruxelles, on peut continuer à dépenser toujours plus sans parallèlement appliquer des réformes importantes, entre autres ici en matière d’application des peines, alors c’est qu’on n’a pas la même analyse du pays, ni de la Région.

Retrouvez mon interview complète ici. 

 

Emploi & Formation : changer l’approche à Bruxelles

Il faut changer fondamentalement d’approche.

 

ANALYSE :

* En 2022, ce sont à peine 14.645 chercheurs d’emploi qui ont été formés par Bruxelles Formation sur une moyenne de 86.000 demandeurs d’emploi inoccupés pour cette même année ;
* Ces chiffres interpellent parce que si on prend un secteur en particulier, celui de la construction, secteur qui sera capital pour rénover le bâti trop ancien de Bruxelles, et qu’on y analyse la liste des fonctions critiques publiée par Actiris, on observe qu’il y a 17 métiers dans ce secteur qui sont en pénurie de main d’œuvre.
* Pourtant, entre août 2022 et juillet 2023, Actiris n’a reçu seulement que 2.362 offres d’emploi pour ce secteur. Ce nombre est assez faible et prouvent que Actiris et les entreprises doivent mieux travailler ensemble.
* Mais aussi : trop peu de chercheurs d’emploi se tournent vers la formation alors que notre Région compte actuellement 108 métiers identifiés comme fonctions critiques.
* Rappel : en juillet 2023, notre Région comptait 89.231 demandeurs d’emploi inoccupés dont 47,5% d’entre eux le sont depuis plus de 2 ans.

 

MESSAGE :

* Bruxelles compte un taux de chômage de 11,4% et nous dépensons deux fois la moyenne de l’OCDE en allocations de chômage. Et dans le même temps, il y a presque 200.000 emplois disponibles en Belgique.
* Il m’est insupportable de tolérer le statut quo, alors qu’il est possible d’améliorer la vie de nombreuses familles et de faire progresser notre pays.
* Pour cela, il faut travailler en amont et en aval.
* En amont, on voit que l’offre de formation existe, certes, mais semble trop peu connue.
* En aval, il faut prendre le taureau par les cornes.
* Perdre son travail ou ne pas en trouver est une épreuve difficile. On peut donc augmenter les allocations dans les premiers mois, pour ne pas ajouter un choc financier à un choc moral.
* En parallèle, je sais que la réalité est parfois plus complexe mais symboliquement je pense que oui, ceux qui sont en bonne santé mais de mauvaise foi et veulent profiter des efforts des autres en refusant plusieurs offres d’emploi ou de formation doivent comprendre que ça ne va pas. Après deux ans d’inactivité il faut qu’il y ait soit une sanction financière importante soit le démarrage d’un cycle de travail d’intérêt général, pas pour le plaisir de sanctionner mais pour garder le lien avec le monde de l’emploi et pour participer aux efforts collectifs.
* Actuellement, cette méthode n’est pas employée et on voit le résultat : près de 50% des demandeurs d’emploi à Bruxelles le sont depuis plus de 2 ans.
* Je suis président de CPAS et je sais que parfois les difficultés de la vie sont violentes à encaisser. Je sais aussi que nous vivons dans un pays où on donne le temps pour s’en sortir mais aussi les moyens pour y arriver. Ce sont des droits salutaires dans une démocratie comme la nôtre. Mais à cela, des obligations logiques en découlent. Certains les oublient trop souvent, avec comme résultats les deux articles ci-dessous.

Indépendants : les oubliés de la politique bruxelloise

(Jeunes) indépendant(e)s ? Y a une bonne nouvelle dans le courrier du jour :

Je rencontre presque tous les jours des indépendants, entrepreneurs, chefs d’entreprise.

Ma compagne a lancé son super petit Tea Room pendant deux ans (avec une employée à charge). J’ai longtemps été indépendant complémentaire.

On ne mesurera jamais assez le volume de risque et de stress que représente l’aventure entrepreneuriale.

Parmi ceux-ci, devoir payer ses charges, cotisations, etc. est indéniablement un des éléments les plus lourds à vivre.

Surtout au début, vous pouvez sentir que votre projet démarre mais vous avez besoin de temps. Rome ne s’est pas construite en un jour. Les charges et factures, par contre, elles, s’envoient bien en un ou deux jours.

Souvent, ce sont précisément ces charges trop élevées qui forcent les indépendants à ne pas se payer (alors qu’ils ont travaillé) ou pire, à arrêter.

Pourtant, le nombre d’indépendants a augmenté de 32% pour les 18-22 ans et de 26% pour les 22-25 ans entre 2018 et 2022. Sur l’ensemble des catégories d’âges, l’augmentation est de 14%.

C’est bien mais il en faut plus encore et surtout, il faut s’assurer que celles et ceux qui se lancent ne doivent pas arrêter.

Au contraire, il faut que leur projet fonctionnent et que elles/ils doivent engager.

Dans ce cadre, je voulais vous partager une information importante, trouve-je : sous l’impulsion du Vice-Premier Ministre David Clarinval, la cotisation pour les premiers mois d’activité a été réduite en vue de donner un coup de pouce aux jeunes indépendants.
Lors du lancement d’une nouvelle activité, il est primordial de pouvoir disposer de fonds pour louer un immeuble ou pour investir dans du matériel. Cette baisse de cotisation vise précisément à aider à dégager des marges pour ce faire et ainsi aider les nouvelles entreprises, primordiales pour notre économie.

Il reste encore beaucoup de travail, entre autres pour bien communiquer ces mesures.

Mais Rome ne s’est pas faite en un jour.

A l’époque toutefois, ils avaient peut-être le temps. Aujourd’hui, vu l’état de nos finances publiques et les défis qui se présentent à nous, ce temps on ne l’a pas et il nous faudra plus d’indépendants.

Il nous faudra aussi réformer nos institutions publiques, en commençant par parfois changer la mentalité dans certaines administrations : oui, il faut accompagner un indépendant et pas directement penser à le sanctionner parce que la taille de sa devanture n’est pas exactement aux normes.

Mais ça, c’est un autre débat pour une prochaine fois.

Propreté : Répression, Réhabilitation et Reconstruction

À Bruxelles, dans le débat actuel sur l’insécurité autour, entre autres, de la Gare du Midi, il faut bien distinguer les réponses à apporter vis-à-vis de :
1. la lutte face aux cartels qui est loin d’être évidente et nécessite une réponse coordonnée de nombreux acteurs locaux, régionaux, fédéraux et mondiaux.
2. l’explosion du nombre de délinquants qui dealent a l’entrée de la gare avec tout son lot d’insécurité que cela provoque (violence, agressions, etc.) et où, là, aucun aveu d’impuissance ne peut être autorisé.
Pour ce second point (lutte contre la délinquance) à Bruxelles le constat est implacable. Sous peine d’être mal vu par une certaine gauche, je le dénonce depuis longtemps : les faits qui sont désormais sous le feu des projecteurs existent de manière structurelle à Bruxelles.
1. Des quartiers entiers sont à la dérive et considérés comme des zones de non-droits (ou de moindre droits);
2. Le délinquance y devient endémique.
3. La classe moyenne déserte un peu plus chaque jour la ville et les classes populaires sont les premières victimes de l’insécurité
4. Une part importante du problème se situe auprès des gares bruxelloises (et ne parlons même pas des stations de métro) qui sont touchées par cette insécurité : c’est l’attractivité de Bruxelles qui paie les pots cassés mais aussi les riverains (dois-je rappeler qu’il y a des écoles et des crèches près de la Gare du Midi) et aussi, tant qu’on y est, les usagés de mobilité douce.
💡SOLUTION – Comme à Malines
Pourtant, l’expérience nous montre que les villes ont une énorme capacité à obtenir des résultats en matière de sécurité en aidant les niveaux de pouvoirs nationaux ou fédéraux : si on règle cela, tout le reste pourra suivre. Bruxelles doit changer de visage grâce à une impressionnante métamorphose.
Si nous sommes d’accord que l’Etat fédéral a le monopole du régalien, ce n’est pas pour autant que les Régions ou les villes n’ont pas un rôle à jouer.
Etudier plusieurs villes nous apprend de bonnes stratégies, comme à New-York ou Glasgow. Mais je vais à nouveau me concentrer sur une ville que j’ai l’habitude de citer en exemple en la matière : Malines.
En quelques années, ils sont parvenus à baisser la criminalité de 45% en appliquant une recette en trois ingrédients (j’y reviens plus tard) :
1️⃣ Répression
2️⃣ Réhabilitation
3️⃣ Reconstruction.
Ci-après, je développe les trois points et vous explique pourquoi, selon moi, à Bruxelles chaque ingrédient est périmé depuis longtemps.
1️⃣ Répression
🔵Proposition du MR :
Bart Somers (Bourgmestre de Malines) l’a dit et redit : lutter contre l’insécurité dans les quartiers difficiles, c’est une base essentielle pour recréer la confiance entre les citoyens, entre les citoyens et les autorités (politique et de sécurité) mais aussi entre les générations.
La sécurité permet également d’assurer un climat propice à l’émancipation et de mettre en œuvre des politiques d’enseignement, de formation, d’intégration et de développement économique d’un quartier. Pour ce faire, nous proposons d’appliquer des recettes répressives similaires :
1. Nous proposons d’abord la création d’une zone de protection régionale, sous la responsabilité du MP, pour les points d’entrée de Bruxelles. C’est l’image de Bruxelles qui est en jeu ici, il ne doit y avoir aucune demi-mesure.
2. On sait qu’on ne peut pas mettre des policiers à chaque coin de rue mais les quartiers ne doivent pas se sentir abandonnés. Dans cette zone, il y faut – comme à Malines – davantage de caméras de surveillance, un éclairage public plus intense et des antennes de la police avec intervention rapide;
3. Il faut permettre aux agents de procéder à des perceptions immédiates pour les consommateurs;
4. Il nous revient que parce que le parquet est débordé, il ne poursuit plus la possession de drogues de quantité même substantielles. Le signal est mauvais et ça doit changer.
5. Le MR plaide pour un tribunal d’application des peines mais en l’attente, je souhaite qu’il y ait des suites aux interventions de la police: convocation des parents comme à Malines, avec un engagement de se former ou de travailler par exemple et des amendes en cas de non-respect.
➡ Toutefois, à Bruxelles jusqu’à aujourd’hui :
A Bruxelles, le Gouvernement bruxellois manifeste plutôt un désintérêt pour les questions de sécurité : qu’on le veuille ou non, si un leader politique n’affiche pas une ambition forte en matière de sécurité pour sa Région, les délinquants s’engouffrent dans la faille.
Je vous cite ainsi quelques exemples :
– Prenez la dégringolade de la situation à la Gare du Nord ou midi : le gouvernement bruxellois en a presque fait des zones Duty free pour la délinquance.
– Quand on a proposé de renforcer le plan canal, certains membres de la majorité ont crié au loup.
– L’appel récent à l’aide des habitants, commerçants et acteurs du quartier nord : quelle réponse efficace ont-ils reçu ?
– Les milices qui ont du se constituer à Clémenceau, qui est venu les aider ?
Si vous êtes Ministre-Président de la Région, et même si toutes les compétences nécessaires ne sont pas dans vos mains, vous vous devez d’assumer et de vous bouger : convoquer des réunions, sortir dans la presse, en faire un sujet d’intérêt national, faire le pied de grue devant le Ministre de l’Intérieur et de la Justice.
Tout ça pour une raison simple : Bruxelles une préoccupation d’intérêt national. La gare du Midi est un exemple criant. Mais Il y a une frange à gauche qui estime que le fait même de parler de sécurité vous rend infréquentable, de droite dure. Il faudrait presque tendre l’autre joue pour être fréquentable.
Nous ne partageons pas cette opinion.
2️⃣Réhabilitation
🔵Proposition :
La sécurité permet également d’assurer un climat propice à l’émancipation et de mettre en œuvre des politiques d’enseignement, de formation, d’intégration et de développement économique d’un quartier. La sécurité d’un quartier permet à la fois d’éviter la fuite de sa classe moyenne mais permet également de créer de la classe moyenne.
Pour ce faire, nous proposons, comme à Malines ;
1. De développer un vrai écosystème émancipateur autour des écoles revalorisées avec des centres de formation, des crèches pour que les parents puissent se former, des accompagnateurs sociaux.
2. Que les autorités publiques ouvrent davantage le dialogue avec les communautés locales, associer les habitants, renforcer la police de proximité, et construire de larges partenariats avec les acteurs locaux. Malines (ou New York) a décidé de faire confiance aux populations et au dialogue tout en menant une politique autoritaire et répressive envers les récalcitrants. Bruxelles peut faire pareil.
➡ A Bruxelles jusqu’à aujourd’hui :
1. Bruxelles fait partie des régions d’Europe au taux de pauvreté les plus élevés. Sans faire de raccourci facile, il n’est pas étonnant que des brigands s’engouffrent dans cette brèche et abusent de la précarité.
2. Au mois de juillet, le taux des chômages des jeunes a encore augmenté.
Bref, quelle politique sociale efficace a porté ses fruits ces 20 dernières années à Bruxelles ?
3️⃣ Reconstruction :
🔵Proposition :
Comment détecte-t-on une zone où règne l’insécurité :
– Saleté dans les rues;
– Peu d’éclairage public;
– Des bâtiments délabrés;
– La prolifération de la drogue, les vols, la délinquance, la violence, etc.
Sur cette base, Bruxelles s’engouffre en plein dans la théorie du carreau cassé : il y a un lien de cause à effet entre le taux de criminalité et le nombre croissant de fenêtres brisées.
Concrètement, plus un lieu est moche, plus il attire les problèmes.
Si on veut offrir aux Bruxellois une sortie de crise :
1. il faut assumer de refaire du beau. Prenez à nouveau la Gare du Midi, cet endroit est moche à mourir, cela ne donne pas une image à la hauteur de notre ville. Ce n’est pas sérieux. Je veux des projets artistiques, de la verdure,… que les usagers puissent s’approprier l’endroit.
2. Ce n’est pas parce qu’un quartier est dit « pauvre » que son infrastructure doit l’être. Au contraire. Vous devez avoir des bancs de qualité, des rues de qualités, des trottoirs de qualité, un quartier verdunisé. Bref, du beau.
➡ A Bruxelles jusqu’à aujourd’hui :
1. On nous promet une rénovation de la Gare du Midi et de ses alentours depuis 20 ans;
2. On nous promet la même chose pour la Gare du Nord.
3. La propreté est un des premiers thèmes relevés par le Bruxellois comme prioritaire pour leur ville.
4. Soyons sérieux, ce troisième ingrédient peut paraître futile mais il est en fait primordial. Et les exemples d’échec à Bruxelles ne manquent pas.

L’intelligence artificielle va détruire le monde et mettre tout le monde au chômage?

Cette question, beaucoup nous la posent. C’est pourquoi, avec mon excellente collègue Clémentine Barzin nous avons organisé lundi passé une conférence sur le sujet. Nous avions réuni un panel de choc pour l’occasion : Mathieu MICHEL , John-Alexander Bogaerts et David Dab. En conclusion de la conférence, et riche des différentes interventions, j’ai pu livrer quelques commentaires.
1/ Napoléon aurait dit que le jour où la Chine se réveillerait, le monde tremblerait. Plus récemment, Poutine a dit que celui qui maîtriserait l’IA maîtriserait le monde. Et quand on y regarde de plus près, on constate que la Chine a investi près de 70 milliards dans l’IA. Les Etats-Unis 50 milliards. L’Europe 7 milliards. Bruxelles 11 millions. Les deux grandes puissances se préparent au monde de demain. Quid de la Belgique ? Quid de l’Europe ?
2/ Les bouleversements seront majeurs, principalement pour nos économies. Les plus optimistes expliquent que le PIB mondial augmentera de plus de 15%, d’autres expliquent que cela détruira des emplois.
Selon moi, c’est à une nouvelle révolution industrielle que nous allons assister et ceux qui seront en tête de wagon seront les Rockefeller et Henry Ford d’hier.
Alors oui, l’IA aura un impact sur le marché de l’emploi, mais je ne crois pas qu’il sera destructeur d’emplois, au contraire. En effet, quand vous regardez aujourd’hui les pays à la pointe de l’automatisation tels que le Japon ou Singapour, tous deux ont un taux de chômage inférieur à 3%. Nous savons aussi que depuis 1945, 60% des emplois ont disparu, remplacés par de nouveaux. Le sens de l’histoire est de suivre ce phénomène de transformation et de modernisation de nos économies et, toujours, nous nous sommes adaptés et le monde s’est enrichi.
3/ Pour y arriver toutefois, nous devrons être attentifs à trois éléments : le traitement des données pour protéger nos libertés, une réglementation adaptée pour éviter un monde de l’IA far west et, enfin, une capacité de produire des experts.
Et c’est ici qu’entre en scène l’institution de nos sociétés qui sera à coups sûrs la plus durablement chamboulée : l’école.
1. Nos écoles fonctionnent grosso modo de la même manière depuis Charlemagne. Elles devront aujourd’hui bouleverser leur méthode d’apprentissage tant l’IA sera pour nos têtes blondes une source d’apprentissage plus rapide. Ce sont aujourd’hui deux types d’intelligence qui se confrontent.
2. l’IA, au travers d’outils comme ChatGPT, va nous amener à constamment être dans le contrôle et la vérification de ce que nous dit l’IA. Pourtant, l’être humain a besoin de créer, pas uniquement de contrôler. L’école joue peut-être là son rôle le plus important : apprendre à être créatif.
3. Si on veut former les meilleurs experts, l’école doit comprendre que l’étincelle du développement technologique commence par la salle de classe.
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